dimanche 31 juillet 2016

Retrouvailles estivales
















20 juillet 2016. Au cœur du festival Toulouse d’été, je me réjouis de retrouver Adam Laloum qui occupe cette année la scène du cloître des Jacobins durant deux soirées. Déjà invité pour un beau récital seul au piano, puis quelques années plus tard lors d’un concert exaltant de musique de chambre avec le Quatuor Modigliani, il renouvelle ces deux expériences mais cette fois au cours d’une même édition. Interprète convaincant du répertoire romantique, le jeune pianiste toulousain a signé des enregistrements remarqués et remarquables dédiés à Brahms et à Schumann. Il mettait justement hier soir à son programme des œuvres de la période romantique, l’occasion de l’apprécier dans les étranges "Davidsbuendlertänze". Je restais toutefois dérouté par cette suite de dix-huit pièces pour piano constituant un autoportrait psychologique de Robert Schumann. Après le lyrisme de "la Vallée d’Obermann", tirée du premier cycle des "Années de pèlerinage" de Franz Liszt, la grande sensibilité du pianiste s’est épanouie dans l’une des plus belles partitions de Frédéric Chopin, sa Troisième sonate. Je découvrais alors en Adam Laloum un serviteur idéal du génie du musicien, lequel signait avec cette pièce la dernière de ses œuvres écrites pour son instrument de prédilection. Je réalisais très vite que ces instants d’émotions suspendues travaillaient tout en délicatesse à hisser cette interprétation vers des sommets de poésie musicale. Difficile alors de rendre compte d’une telle performance relevant de l’exceptionnel. Porté par l’univers de Chopin transcendé par Adam Laloum, le public fit alors preuve d’une qualité d’écoute remarquable avant de l’acclamer longuement. Suivirent trois rappels, tous puisés dans le catalogue des chefs-d’œuvre de Franz Schubert, dont deux "Moments musicaux". Les habitués du festival retrouvent ce soir le fameux Quatuor Modigliani aux côtés du pianiste, pour jouer les œuvres de Robert Schumann écrites en 1842. Soit trois quatuors à cordes, le quatuor avec piano et le magnifique quintette. Chaque fois, les musiciens font la démonstration d’une entente sans faille et d’un engagement passionné dans la restitution de ces pages romantiques. Malgré ce programme déjà bien garni, un extrait du quintette de Brahms est offert en rappel ! Je note qu’Adam Laloum est depuis peu le directeur artistique d’un festival dans l’Aude, Les Pages Musicales de Lagrasse. Dans la fraîcheur de l’église Saint-Michel, il y invite en septembre de jeunes - mais déjà fort réputés - musiciens à le rejoindre pour quelques soirées de musique de chambre.

Les Pages Musicales de Lagrasse, du 2 au 11 septembre,  

Église Saint-Michel, Lagrasse (11). Tél. : 04 68 43 11 56.

A. Laloum © A. Lacroix / Toulouse d’été 2016

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