samedi 11 février 2012

La délicatesse

















11 février 2012. Après plusieurs années d'absence, "le Trouvère" de Giuseppe Verdi retrouve l'affiche du Théâtre du Capitole dans une nouvelle production imaginée par le metteur en scène belge Gilbert Deflo associé au décorateur et costumier William Orlandi. Je choisis d'assister à la dernière représentation servie par la distribution des jeunes talents. Face à de splendides toiles peintes représentant un ciel lunaire sur fond rougeoyant ou bleuté, Daniel Oren dirige l'Orchestre du Capitole avec une clarté multicolore gorgée de saveurs onctueuses. Il se révèle très directif à l'égard des voix dont l'homogénéité est remarquable. Je suis conquis par les choix esthétiques replaçant l'action au cœur d'une tragédie grecque, où «le fatum plane sur l'intrigue». Gilbert Deflo éloigne le propos de l'hystérie du mélodrame au profit d'une direction d'acteurs minutieuse - comme on en voit hélas trop rarement à l'opéra. La gestuelle est d'une précision redoutable et le jeu infiniment délicat, même si le meilleur chanteur (le baryton Vitaliy Bilyy) n'est pas le meilleur acteur. La soprano Tamara Wilson (photo) me déchire le cœur et l'émotion ne me quitte guère durant toute la durée du spectacle.

"Le Trouvère" © Patrice Nin

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